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et de la Coulouvrenière.
C'est l'une des premières heures ensoleillées du printemps ...
Le tram s'arrête,
le tram prolonge son arrêt, comme s'il avait deviné la scène à
venir.
Elle devait avoir à peine 16 ans, s'assied sur le banc d'en face.
Le tram qui doit l'emmener tarde, le mien s'attarde,
Elle s'est arrêtée ... la valise à roulettes,
Et la poignée, désertée par la main qui la tirait devient,
cadeau inattendu repéré par une mésange ... un curieux
terrain d'atterrissage,
Une fraction de seconde et la voici, posée sur la poignée de
la valise ... immobile, l'oiseau cadeau regarde, à hauteur
d'yeux l'ado qui ne remarque rien ... le regard tout à ses
doigts occupés par le clavier d'un quelconque iPhone ...
Juste le temps de comptes ... 5-6-7-8-9 ... secondes sont passées ...
L'oiseau cadeau retourne aux cieux, bousculé par le volume
d'air que déplace un voyageur pressé d'attendre le tram ...
Il glisse à nouveau sur ses rails, mon tram, 5-4-3-2-1- le
sourire de celui qui a vu s'efface sur la vitre ...
En face, l'autre tram emporte l'ado figée et son
portable ... ignorante désormais éternelle de cet instant fugace ...
Ce matin-là, l'oiseau trouva le coin bien habitable ...
Alors que l'ado était déjà en cage par la grâce de son portable ...
Ce jour-là, c'est à Bel-Air sur Rhône que pour quelques heures le
sourire avait trouvé son ancre.
C'était à Bel-Air sur Rhône,Une place entre Ponts du Mont-Blanc et de la Coulouvrenière. C'est l'une des premières heures ensoleillées du printemps ... Le tram s'arrête, le tram prolonge son arrêt, comme s'il avait deviné la scène à venir. Elle devait avoir à peine 16 ans, s'assied sur le banc d'en face. Le tram qui doit l'emmener tarde, le mien s'attarde, Elle s'est arrêtée ... la valise à roulettes, Et la poignée, désertée par la main qui la tirait devient, cadeau inattendu repéré par une mésange ... un curieux terrain d'atterrissage, Une fraction de seconde et la voici, posée sur la poignée de la valise... immobile, l'oiseau cadeau regarde, à hauteur d'yeux l'ado qui ne remarque rien... le regard tout à ses doigts occupés par le clavier d'un quelconque iPhone... Juste le temps de compter... 5-6-7-8-9... secondes sont passées... L'oiseau cadeau retourne aux cieux, bousculé par le volume d'air que déplace un voyageur pressé d'attendre le tram... Il glisse à nouveau sur ses rails, mon tram, 5-4-3-2-1- le sourire de celui qui a vu s'efface sur la vitre... En face, l'autre tram emporte l'ado figée et son portable... ignorante désormais éternelle de cet instant fugace... Ce matin-là, l'oiseau trouva le coin bien habitable... Alors que l'ado était déjà en cage par la grâce de son portable... Ce jour-là, c'est à Bel-Air sur Rhône que pour quelques heures le sourire avait trouvé son ancre.
Michel Demierre |