Tout comme les pays voisins, la Suisse est confrontée aux flux migratoires vers « l’eldorado » que constitue l’Europe occidentale. Le traitement politique de la migration demande une réflexion éthiquement fondée. Les bureaux des Eglises catholique romaine, catholique chrétienne et protestante de Genève s’inquiètent des discours simplificateurs, discriminatoires et d’exclusion qui semblent présider actuellement à la nécessaire et difficile gestion de la migration et aux conditions réservées aux personnes requérant l’asile.
Les trois bureaux demandent que le respect de la dignité humaine soit le critère dominant pour toutes ces questions. En effet, les personnes qui fuient les persécutions ont le droit d’être protégées et de vivre dignement.
Face à un récent déferlement de propositions (« camps d’internement » pour requérants « récalcitrants », exclusion de l’« aide d’urgence », obstacles à l’unité de la famille), les bureaux des Eglises appellent à la sérénité et à la mesure dans les débats parlementaires, au maintien des valeurs qui fondent le pacte social de la Suisse, au respect des personnes migrantes qui sont nos frères et sœurs en humanité.
Se référant aux atrocités que les dictatures politiques ont produites en Europe par le passé, les bureaux des Eglises de Genève sont particulièrement mis en alerte quant à la non- reconnaissance, discutée aux Chambres fédérales, de la désertion comme motif d’asile.
Les Eglises sont présentes quotidiennement auprès des réfugiés : elles savent qu’en Suisse, de nouvelles perspectives s’offrent à ces personnes mais que le chemin est difficile et les obstacles nombreux car l’intégration est un processus long et exigeant.
Nous demandons aux partis politiques et à nos représentants genevois aux Chambres fédérales de résister à la tentation de solutions injustes et inhumaines visant à chasser de notre territoire ceux et celles dont on ne tolère plus la présence et de promouvoir, par leurs prises de position, une politique d’asile respectueuse de la dignité des personnes, tout en réprimant, selon nos lois, les comportements qui doivent l’être.
Genève, le 12 juin 2012
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Eglise catholique-chrétienne
Mme Christine HAURIPrésidente du Synode |
Eglise catholique
Mgr Pierre FARINEEvêque auxiliaire de l'Eglise |
Eglise protestante
Mme Charlotte KUFFERPrésidente de l'Eglise |